Document 15 : Une course à l’innovation dans le domaine de la finance

Facile

L’ouverture des frontières a considérablement accru la concurrence. Les institutions financières ont dû, afin de préserver leur compétitivité, diversifier leurs activités et adopter des stratégies de marché adaptées à ce nouveau contexte. L’analyse des circuits de financement montre que l’essor des marchés de capitaux a permis non seulement d’accroître le volume des liquidités échangées, mais surtout de faire varier les modalités de leur circulation. L’ouverture à la concurrence a constitué un terrain fertile pour les innovations, permettant aux agents de bénéficier d’une gamme de produits plus large, qu’il s’agisse du financement de leurs projets, ou de l’assurance contre différents risques. La volatilité parfois brutale des cours des valeurs mobilières, des taux de change ou des taux d’intérêt a provoqué l’explosion des marchés financiers dérivés avec ses produits spécifiques (options, swaps, contrats sur indices, etc.). Les produits dérivés sont des instruments dont la valeur dépend du prix d’un autre produit, appelé sous-jacent. Ces marchés sont synonymes de marchés à terme (futures), c’est-à-dire de marchés sur lesquels sont négociés des titres financiers livrables à une date ultérieure. Les produits dérivés sont des contrats qui donnent à l’une des parties un droit sur un actif ou sur la valeur liquidative de cet actif à une date ultérieure et lient l’autre partie à une obligation correspondante. La marchéisation financière depuis le début des années 1980 a provoqué une accélération de la mise en place des produits dérivés afin de réduire les risques, pour réduire les divers coûts de transactions mais aussi pour l’arbitage en général et pour la spéculation.

Le Débat interdit : J.P. Fitoussi 1995 p 92

Question

21) Les produits dérivés évoqués dans le texte sont souvent accusés de dérégler le monde de la finance : expliquez.

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21 : nombreuses sont les entreprises et les banques qui ont recours au droit d’acheter ou de vendre des options afin de limiter les risques sur les marchés des produits dérivés. Les instruments financiers représentent aussi des instruments spéculatifs qui amplifient les possibilités de gain ou de perte. Depuis surtout le krach de l’an 2000, ils sont accusés de provoquer des crises financières car l’enchevêtrement des opérations financières conduit à craindre qu’une défaillance en un point quelconque du circuit exerce des effets macroéconomiques dévastateurs (décrits par H. Minsky, théoricien du « risque systémique »). J.P Fitoussi dans Le débat interdit (1995), affirme que la marchéisation financière inverse les priorités du plein emploi vers la stabilité monétaire.